prise de vue
Traiter les photos de paysages à forte dynamique
05/03/12 14:55
Deux articles de Emmanuel GEORJON :
Nous avons tous été confronté un jour à des scènes à très fortes dynamiques. J’ai déjà abordé ce sujet, en parlant de la technologie HDR, mais il existe d’autres techniques. Je viens de découvrir un article comparant les résultats d’un montage HDR, avec l’utilisation de l’outil tons foncés / tons clairs, présents dans des produits comme Lightroom, Aperture ou Photoshop.
L’article est accessible sur l’excellent blog Obturations.com.
En dehors du comparatif proprement dit, l’article sous-entend deux points qui me semblent intéressants:
d’abord qu’il n’est pas forcement nécessaire de recourir à « de gros artifices » pour développer une photo difficile,
ensuite, que le travail se fait d’abord au niveau de la prise de vue, soit en soignant l’exposition, soit en utilisant des accessoires, comme les filtres par exemple.
En d’autres termes, la post-production ne fait pas tout, et elle nécessite un minimum de connaissances, ce qui est finalement plutôt rassurant.
Même si la technologie HDR ne permet pas aujourd’hui, de produire des photos au rendu complètement naturel, je reste persuadé que nous n’en sommes qu’au début. Si les ingénieurs ne trouvent pas le moyen d’augmenter la dynamique de nos capteurs, je pense que les mathématiciens saurons nous concocter les bons algorithmes HDR, et que ces derniers seront même, à l’avenir, directement embarqués dans nos boîtiers.
5 techniques pour traiter les photos à fortes dynamiques
En photo, j’ai un faible pour les couchés ou les levés de soleil. Les contrastes de couleur et de luminosité en font souvent des spectacles grandioses. Mais comme pour beaucoup de photographes, ces très forts contrastes me posent beaucoup de problèmes: doit-on exposer pour les basses lumières, les hautes lumières?
Pour contourner ce problème, le numérique offre de très nombreuses possibilités de post-traitement. Au départ, je me suis d’abord intéressé à la technique dont nous parlons naturellement pour ce type de photos: le HDR. Cette technique ne me donnant pas entière satisfaction (manque de naturel), j’ai regardé les autres méthodes possibles. J’en ai trouvé 5. Mais s’appuyer sur le post-traitement pour résoudre ce type de difficultés, est-il réellement la bonne approche?
1. HDR / Exposure fusion
J’ai déjà abordé cette méthode à plusieurs reprises. Elle consiste à prendre plusieurs fois une même scène avec des expositions différentes, chacune devant favoriser une partie de l’histogramme (haute lumière, basse lumière, …). Ces différentes prises de vue sont ensuite « fusionnées » pour obtenir une image dont chacune des zones est correctement exposée.
(1) New York (1) New York
(2) Couché de soleil (2) Couché de soleil
Donjon de Loches Donjon de Loches
Par Adrian MB (Creative commons BY-NC-ND)
Par jerryfergusonphotography (Creative Commons BY)
Avantage(s)
Sa relative (ou apparente) simplicité: l’assemblage des photos est quasiment automatique.
Inconvénient(s)
Le manque de naturel du résultat: des halos clairs apparaissent très vite autour des objets, et les couleurs manquent souvent de profondeur.
Méthode
Pour un résultat optimal, il faut repérer les zones « extrêmes » de la scène, et régler l’exposition de chaque photo sur ces zones. Il faut donc exposer pour les basses lumières, pour les hautes lumières, et pour les lumières médianes.
Commentaire(s)
Le braketing est un faux ami dans ce cas, car il ne permettra pas forcement d’avoir les expositions idéales dans chacun des cas.
2. Retouche locale
Technique apparue récemment avec le logiciel Adobe Lightroom si je ne me trompe pas. La retouche locale permet d’apporter des modifications non destructives à des portions de photos. Typiquement, dans le cas d’un couché de soleil, la technique permet de simuler un filtre gris-neutre dégradé, en appliquant une baisse d’exposition uniquement dans la zone supérieure.
L'outil retouche local de LightRoom
Vous trouverez un bon exemple de cette technique sur le site Bokeh.fr.
Avantage(s)
Relativement simple lorsque l’on a compris l’outil. Cette méthode est plus souple que le filtre lui-même puisque l’on peut choisir la ou les zones à traiter.
Inconvénient(s)
Il faut disposer d’un logiciel qui dispose de cette fonction. La retouche ne fera pas de miracle. Même en RAW, si la partie claire est vraiment cramée, la retouche n’apportera pas plus d’information.
Commentaire(s)
Je dis même en RAW, parce que je suis toujours surpris de ce que l’on peut récupérer dans les hautes lumières lorsque l’on travaille dans ce mode. Une zone, à priori sans matière, peut révéler des reliefs insoupçonnés, et sans dégradation, contrairement aux basses lumières qui bruitent très rapidement lorsque l’on essaie de les rehausser.
Méthode
Caler l’histogramme bien à droite, même en légère surexposition.
3. Le mélange d’expositions
Bien connue des habitués de Photoshop ou de The Gimp, également appelée « exposure blending » in english, cette technique consiste à superposer des photos prises avec des expositions différentes, puis à faire apparaître les parties correctement exposées des deux clichés.
Exposition réglée sur la mairie Exposition réglée sur la mairie
Exposition réglée sur le parc Exposition réglée sur le parc
Le mélange des deux Le mélange des deux
Avantage(s)
Peut-être la méthode la plus souple, parce qu’elle permet de faire à peu près ce que l’on veut.
Inconvénient(s)
Elle peut cependant se révéler fastidieuse en fonction de la complexité des découpages à effectuer. Il faut très bien maîtriser les outils de tampon ou de sélection. Il n’est pas forcement évident de gérer les transitions entre tons clairs et tons foncés.
Méthode
Comme pour le HDR, il faut caler correctement chacun des clichés, en veillant à ne pas trop tronquer l’histogramme. Par contre, il faut que l’écart d’exposition des clichés ne soit pas trop important, sinon le résultat final ne sera pas naturel.
Commentaire(s)
Ne sort-on pas du domaine de la photo?
4. Outils tons clairs / tons foncés
L’outil Ton clairs / Tons foncés fait parti de la grande panoplie d’outils de retouche (avec les courbes, les niveaux, …).
Cet outil permet de jouer subtilement avec la densité des différentes zones de la photo.
Outil Tons foncés / Tons clairs
Vous pouvez lire une comparaison entre le HDR et cet outil sur Obturations.com.
Avantage(s)
Il n’y a pas de découpage ou de sélection complexe à faire. La retouche est globale à la photo. Il suffit donc de bouger des curseurs, ou d’agir sur une courbe.
Inconvénient(s)
La retouche est globale, et touchera donc toutes les zones de densités équivalentes. Elle n’apportera pas de matière la ou il en manque, et générera du bruit si l’on tire trop sur les zones sombres.
Méthode
Elle oblige à faire des compromis au moment du déclenchement. Contrairement aux méthodes précédentes, nous ne travaillons que sur une seule photo, dont l’exposition doit être soignée.
Commentaire(s)
Personnellement, je trouve l’outil très simple d’emploi, mais je suis passé assez rapidement à la manipulation directe de la courbe de niveau, qui permet d’aller plus vite.
Précision et compromis
Et si nous cherchions a obtenir la bonne exposition, dès la prise de vue. Faire de la photo finalement. En voilà une idée originale.
Plus sérieusement, en écrivant cet article, je suis revenu sur ma propre expérience, notamment sur les photos ou j’estimais avoir besoin de traitement à cause de la large dynamique de la scène. J’ai également regardé quelques galeries de photographes.
Et finalement, ma vision des choses a évolué. Mon approche « informatique » s’est peu à peu convertie en approche photographique. J’ai constaté, en effet, que dans la très grande majorité des cas, les techniques décrites précédemment ne sont pas utiles, ou leur usage peut être réduit,
en prenant soin de l’exposition,
en acceptant de perdre un bout de l’histogramme.
En numérique, l’histogramme est un outil puissant et efficace pour juger de l’exposition d’une photo, mais nous avons tendance à nous y enfermer, en cherchant absolument à le faire rester dans le cadre.
Un histogramme bien centré
Hors, en fonction de la zone (s’il s’agit d’un point fort, ou pas), une sur ou sous exposition n’est pas forcement dramatique, et peut même passer complètement inaperçu. Réciproquement, une mauvaise exposition sur les points forts de la photo, est quasiment irrécupérable, quelle que soit la méthode utilisée.
Soignée son exposition lors de la prise de vue reste donc primordial, et il faut pour cela prendre son temps, en réfléchissant autant à la composition qu’à l’exposition (et dans cet ordre).
J’en reparlerai certainement dans un prochain article, mais la question a se poser pourrait être: vaut-il mieux une photo bien composée, ou une photo techniquement irréprochable (ce qui est quasiment impossible dans les cas qui nous intéressent ici)?
5. Les filtres dégradés
La dernière technique est purement photographique. Elle existe depuis longtemps, et consiste à placer un filtre devant l’optique utilisée. Ce filtre atténue la lumière reçue par le capteur, mais sur une partie seulement de sa surface.
Filtre dégradé circulaire Filtre dégradé circulaire
Filtre dégradé Cokin Filtre dégradé Cokin
Si la scène à photographier comporte deux zones d’exposition bien distincte, par exemple, un ciel très lumineux, et une partie basse plutôt sombre, le filtre va atténuer la luminosité du ciel, et réduire ainsi la dynamique de l’image (voir exemple sur Révélateur).
Avantage(s)
La méthode est simple et efficace
Inconvénient(s)
Mais elle ne s’applique qu’à un certain type de scène: il faut deux zones bien distinctes.
Méthode
Pour laisser toute liberté au niveau du post-traitement, il faut, autant que possible, caler l’histogramme à droite.
Commentaire(s)
Attention à la qualité des filtres, qui doivent être le plus neutres possible. Un filtre de mauvaise qualité fera dériver les couleurs des zones filtées. Le choix du niveau d’opacité du filtre n’est pas forcement simple. Prévoir un trépied.
Conclusions
J’ai deux conclusions pour cet article: la première porte sur l’approche, la seconde sur les outils.
Le numérique nous offre une très grande liberté, et des outils fantastiques, qui nous conduisent à certains dérives:
certains négligent l’exposition lors de la prise de vue,
d’autres, effectuent leurs prises de vue en pensant aux traitements qu’ils utiliseront,
et pour nous tenons absolument à garder, dans la mesure du possible, la totalité de l’histogramme dans le cadre.
Personnellement, j’avoue cumuler ces trois défauts … mais je me soigne.
Face à une scène à très fort contraste, la mauvaise méthode consiste à effectuer la prise de vue, en fonction de la méthode de post-traitement, que nous envisageons d’utiliser. Cette approche est dangereuse, parce qu’elle sépare les aspects techniques des aspects compositions. En d’autres termes, nous réduisons une photo à un histogramme.
Je pense qu’il faut d’abord chercher à prendre la photo en une seule fois, puis si nous constatons que le contraste et réellement trop important, passer en mode « multi-vues ». Et dans ce cas, bien veiller à ce que les vues couvrent correctement l’intégralité du spectre, pour disposer de la meilleure photos possibles pour les expositions extrêmes.
Si l’on parle outil, je mettrais en priorité le filtre gris-neutre dégradé. Ensuite viennent deux méthodes « numériques »:
Les outils tons clairs / tons foncés, courbes de niveaux… lorsque les contrastes restent raisonnables,
Le mélange d’expositions si les contrastes sont très élevés.
http://www.emmanuelgeorjon.com/5-techniques-pour-traiter-les-photos-a-fortes-dynamiques-2881/#more-2881
Nous avons tous été confronté un jour à des scènes à très fortes dynamiques. J’ai déjà abordé ce sujet, en parlant de la technologie HDR, mais il existe d’autres techniques. Je viens de découvrir un article comparant les résultats d’un montage HDR, avec l’utilisation de l’outil tons foncés / tons clairs, présents dans des produits comme Lightroom, Aperture ou Photoshop.
L’article est accessible sur l’excellent blog Obturations.com.
En dehors du comparatif proprement dit, l’article sous-entend deux points qui me semblent intéressants:
d’abord qu’il n’est pas forcement nécessaire de recourir à « de gros artifices » pour développer une photo difficile,
ensuite, que le travail se fait d’abord au niveau de la prise de vue, soit en soignant l’exposition, soit en utilisant des accessoires, comme les filtres par exemple.
En d’autres termes, la post-production ne fait pas tout, et elle nécessite un minimum de connaissances, ce qui est finalement plutôt rassurant.
Même si la technologie HDR ne permet pas aujourd’hui, de produire des photos au rendu complètement naturel, je reste persuadé que nous n’en sommes qu’au début. Si les ingénieurs ne trouvent pas le moyen d’augmenter la dynamique de nos capteurs, je pense que les mathématiciens saurons nous concocter les bons algorithmes HDR, et que ces derniers seront même, à l’avenir, directement embarqués dans nos boîtiers.
5 techniques pour traiter les photos à fortes dynamiques
En photo, j’ai un faible pour les couchés ou les levés de soleil. Les contrastes de couleur et de luminosité en font souvent des spectacles grandioses. Mais comme pour beaucoup de photographes, ces très forts contrastes me posent beaucoup de problèmes: doit-on exposer pour les basses lumières, les hautes lumières?
Pour contourner ce problème, le numérique offre de très nombreuses possibilités de post-traitement. Au départ, je me suis d’abord intéressé à la technique dont nous parlons naturellement pour ce type de photos: le HDR. Cette technique ne me donnant pas entière satisfaction (manque de naturel), j’ai regardé les autres méthodes possibles. J’en ai trouvé 5. Mais s’appuyer sur le post-traitement pour résoudre ce type de difficultés, est-il réellement la bonne approche?
1. HDR / Exposure fusion
J’ai déjà abordé cette méthode à plusieurs reprises. Elle consiste à prendre plusieurs fois une même scène avec des expositions différentes, chacune devant favoriser une partie de l’histogramme (haute lumière, basse lumière, …). Ces différentes prises de vue sont ensuite « fusionnées » pour obtenir une image dont chacune des zones est correctement exposée.
(1) New York (1) New York
(2) Couché de soleil (2) Couché de soleil
Donjon de Loches Donjon de Loches
Par Adrian MB (Creative commons BY-NC-ND)
Par jerryfergusonphotography (Creative Commons BY)
Avantage(s)
Sa relative (ou apparente) simplicité: l’assemblage des photos est quasiment automatique.
Inconvénient(s)
Le manque de naturel du résultat: des halos clairs apparaissent très vite autour des objets, et les couleurs manquent souvent de profondeur.
Méthode
Pour un résultat optimal, il faut repérer les zones « extrêmes » de la scène, et régler l’exposition de chaque photo sur ces zones. Il faut donc exposer pour les basses lumières, pour les hautes lumières, et pour les lumières médianes.
Commentaire(s)
Le braketing est un faux ami dans ce cas, car il ne permettra pas forcement d’avoir les expositions idéales dans chacun des cas.
2. Retouche locale
Technique apparue récemment avec le logiciel Adobe Lightroom si je ne me trompe pas. La retouche locale permet d’apporter des modifications non destructives à des portions de photos. Typiquement, dans le cas d’un couché de soleil, la technique permet de simuler un filtre gris-neutre dégradé, en appliquant une baisse d’exposition uniquement dans la zone supérieure.
L'outil retouche local de LightRoom
Vous trouverez un bon exemple de cette technique sur le site Bokeh.fr.
Avantage(s)
Relativement simple lorsque l’on a compris l’outil. Cette méthode est plus souple que le filtre lui-même puisque l’on peut choisir la ou les zones à traiter.
Inconvénient(s)
Il faut disposer d’un logiciel qui dispose de cette fonction. La retouche ne fera pas de miracle. Même en RAW, si la partie claire est vraiment cramée, la retouche n’apportera pas plus d’information.
Commentaire(s)
Je dis même en RAW, parce que je suis toujours surpris de ce que l’on peut récupérer dans les hautes lumières lorsque l’on travaille dans ce mode. Une zone, à priori sans matière, peut révéler des reliefs insoupçonnés, et sans dégradation, contrairement aux basses lumières qui bruitent très rapidement lorsque l’on essaie de les rehausser.
Méthode
Caler l’histogramme bien à droite, même en légère surexposition.
3. Le mélange d’expositions
Bien connue des habitués de Photoshop ou de The Gimp, également appelée « exposure blending » in english, cette technique consiste à superposer des photos prises avec des expositions différentes, puis à faire apparaître les parties correctement exposées des deux clichés.
Exposition réglée sur la mairie Exposition réglée sur la mairie
Exposition réglée sur le parc Exposition réglée sur le parc
Le mélange des deux Le mélange des deux
Avantage(s)
Peut-être la méthode la plus souple, parce qu’elle permet de faire à peu près ce que l’on veut.
Inconvénient(s)
Elle peut cependant se révéler fastidieuse en fonction de la complexité des découpages à effectuer. Il faut très bien maîtriser les outils de tampon ou de sélection. Il n’est pas forcement évident de gérer les transitions entre tons clairs et tons foncés.
Méthode
Comme pour le HDR, il faut caler correctement chacun des clichés, en veillant à ne pas trop tronquer l’histogramme. Par contre, il faut que l’écart d’exposition des clichés ne soit pas trop important, sinon le résultat final ne sera pas naturel.
Commentaire(s)
Ne sort-on pas du domaine de la photo?
4. Outils tons clairs / tons foncés
L’outil Ton clairs / Tons foncés fait parti de la grande panoplie d’outils de retouche (avec les courbes, les niveaux, …).
Cet outil permet de jouer subtilement avec la densité des différentes zones de la photo.
Outil Tons foncés / Tons clairs
Vous pouvez lire une comparaison entre le HDR et cet outil sur Obturations.com.
Avantage(s)
Il n’y a pas de découpage ou de sélection complexe à faire. La retouche est globale à la photo. Il suffit donc de bouger des curseurs, ou d’agir sur une courbe.
Inconvénient(s)
La retouche est globale, et touchera donc toutes les zones de densités équivalentes. Elle n’apportera pas de matière la ou il en manque, et générera du bruit si l’on tire trop sur les zones sombres.
Méthode
Elle oblige à faire des compromis au moment du déclenchement. Contrairement aux méthodes précédentes, nous ne travaillons que sur une seule photo, dont l’exposition doit être soignée.
Commentaire(s)
Personnellement, je trouve l’outil très simple d’emploi, mais je suis passé assez rapidement à la manipulation directe de la courbe de niveau, qui permet d’aller plus vite.
Précision et compromis
Et si nous cherchions a obtenir la bonne exposition, dès la prise de vue. Faire de la photo finalement. En voilà une idée originale.
Plus sérieusement, en écrivant cet article, je suis revenu sur ma propre expérience, notamment sur les photos ou j’estimais avoir besoin de traitement à cause de la large dynamique de la scène. J’ai également regardé quelques galeries de photographes.
Et finalement, ma vision des choses a évolué. Mon approche « informatique » s’est peu à peu convertie en approche photographique. J’ai constaté, en effet, que dans la très grande majorité des cas, les techniques décrites précédemment ne sont pas utiles, ou leur usage peut être réduit,
en prenant soin de l’exposition,
en acceptant de perdre un bout de l’histogramme.
En numérique, l’histogramme est un outil puissant et efficace pour juger de l’exposition d’une photo, mais nous avons tendance à nous y enfermer, en cherchant absolument à le faire rester dans le cadre.
Un histogramme bien centré
Hors, en fonction de la zone (s’il s’agit d’un point fort, ou pas), une sur ou sous exposition n’est pas forcement dramatique, et peut même passer complètement inaperçu. Réciproquement, une mauvaise exposition sur les points forts de la photo, est quasiment irrécupérable, quelle que soit la méthode utilisée.
Soignée son exposition lors de la prise de vue reste donc primordial, et il faut pour cela prendre son temps, en réfléchissant autant à la composition qu’à l’exposition (et dans cet ordre).
J’en reparlerai certainement dans un prochain article, mais la question a se poser pourrait être: vaut-il mieux une photo bien composée, ou une photo techniquement irréprochable (ce qui est quasiment impossible dans les cas qui nous intéressent ici)?
5. Les filtres dégradés
La dernière technique est purement photographique. Elle existe depuis longtemps, et consiste à placer un filtre devant l’optique utilisée. Ce filtre atténue la lumière reçue par le capteur, mais sur une partie seulement de sa surface.
Filtre dégradé circulaire Filtre dégradé circulaire
Filtre dégradé Cokin Filtre dégradé Cokin
Si la scène à photographier comporte deux zones d’exposition bien distincte, par exemple, un ciel très lumineux, et une partie basse plutôt sombre, le filtre va atténuer la luminosité du ciel, et réduire ainsi la dynamique de l’image (voir exemple sur Révélateur).
Avantage(s)
La méthode est simple et efficace
Inconvénient(s)
Mais elle ne s’applique qu’à un certain type de scène: il faut deux zones bien distinctes.
Méthode
Pour laisser toute liberté au niveau du post-traitement, il faut, autant que possible, caler l’histogramme à droite.
Commentaire(s)
Attention à la qualité des filtres, qui doivent être le plus neutres possible. Un filtre de mauvaise qualité fera dériver les couleurs des zones filtées. Le choix du niveau d’opacité du filtre n’est pas forcement simple. Prévoir un trépied.
Conclusions
J’ai deux conclusions pour cet article: la première porte sur l’approche, la seconde sur les outils.
Le numérique nous offre une très grande liberté, et des outils fantastiques, qui nous conduisent à certains dérives:
certains négligent l’exposition lors de la prise de vue,
d’autres, effectuent leurs prises de vue en pensant aux traitements qu’ils utiliseront,
et pour nous tenons absolument à garder, dans la mesure du possible, la totalité de l’histogramme dans le cadre.
Personnellement, j’avoue cumuler ces trois défauts … mais je me soigne.
Face à une scène à très fort contraste, la mauvaise méthode consiste à effectuer la prise de vue, en fonction de la méthode de post-traitement, que nous envisageons d’utiliser. Cette approche est dangereuse, parce qu’elle sépare les aspects techniques des aspects compositions. En d’autres termes, nous réduisons une photo à un histogramme.
Je pense qu’il faut d’abord chercher à prendre la photo en une seule fois, puis si nous constatons que le contraste et réellement trop important, passer en mode « multi-vues ». Et dans ce cas, bien veiller à ce que les vues couvrent correctement l’intégralité du spectre, pour disposer de la meilleure photos possibles pour les expositions extrêmes.
Si l’on parle outil, je mettrais en priorité le filtre gris-neutre dégradé. Ensuite viennent deux méthodes « numériques »:
Les outils tons clairs / tons foncés, courbes de niveaux… lorsque les contrastes restent raisonnables,
Le mélange d’expositions si les contrastes sont très élevés.
http://www.emmanuelgeorjon.com/5-techniques-pour-traiter-les-photos-a-fortes-dynamiques-2881/#more-2881
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Un logiciel pour les amoureux des couchers de soleil
05/03/12 14:44
Pour être au bon endroit, au bon moment...
un article de Emmanuel GEORJON
http://www.emmanuelgeorjon.com/un-logiciel-pour-les-amoureux-des-couches-de-soleil-3233/#more-3233
« Un logiciel pour les amoureux des couchers de soleil
Les levers ou les couchers de soleil sont des spectacles souvent grandioses. Mais, avant même de parler technique photo, la première difficulté consiste à se trouver au bon endroit, au bon moment. S’il n’est pas difficile de trouver des éphémérides, il est beaucoup plus compliqué de trouver la position exacte du soleil au moment où il croise l’horizon. Heureusement, un photographe a pensé à nous, en développant une application capable de nous donner toutes les informations nécessaires. Un lever, ou un coucher de soleil n’a d’intérêt que grâce au décor dans lequel il s’inscrit. C’est pourquoi, nous recherchons des alignements, des reflets, des ombres … Sans outil, cette recherche est fastidieuse, parce que l’orientation du soleil (et de la Lune) change chaque jour.
Personnellement, je cherche depuis quelques temps à photographier un lever ou un coucher de soleil, dans l’axe de la Loire. J’y suis arrivé une ou deux fois seulement, de façon complètement empirique.
Avec un GPS, et un logiciel d’astronomie, il est toujours possible de faire quelques calculs, mais il manque la superposition avec une carte. Ce point est justement l’avantage de l’application The Photographers Ephemeris puisqu’elle combine éphémérides, orientation lunaire et solaire, avec un système de cartographie.
L’application utilise Adobe Air, fonctionne sur PC/Windows, PC/linux, et Mac, et exploite divers services Web, dont Google Maps, pour la localisation.
L’écran principal se présente de la façon suivante:
Ecran principal
Il suffit de saisir la date, et le lieu souhaité (sous la forme « Ville, Pays » ), et le logiciel fourni une carte, avec les directions de lever et coucher de soleil, ainsi que le lever et le coucher de Lune.
Pour vérifier la précision du logiciel, j’ai saisi quelques dates et lieux de photos prises entre 2007 et 2010.
Exemple 1: Coucher de soleil sur le Diamant (Martinique – Déc 2007)
Le diamant – La position
Le Diamant – La photo
Exemple 2: Coucher de soleil sur la Loire (Lussault – Oct 2009)
La Loire – La position
La Loire – La photo
Exemple 3: Lever de Lune sur Sainte-Luce (Martinique – Août 2008)
La Lune sur Sainte-Luce – La position
La Lune sur Sainte-Luce – La photo
Exemple 4: Coucher de soleil sur la Loire (La Ville aux Dames – Juin 2010)
Jour de Loire – La position
Jour de Loire – La photo
Comme TPE s’appuie sur Google Maps, nous bénéficions des vues proposées par ce service:
Vue Hybride (Carte + satellite)
En plus de la cartographie, TPE fournit
Position du soleil en journée
Les quelques essais effectués montrent une assez grande précision:
Conclusion
Un grand merci à Stephen, l’auteur de cette application, qui nous fait gagner un temps considérable, en facilitant la recherche des moments, et des lieux optimaux pour nos prises de vue.
J’ai beaucoup parlé de lever et coucher de soleil dans cet article, mais The Photographer’s Ephemeris peut également être utile aux photographes d’évènements en extérieur (défilés, mariages, …), en leur permettant d’anticiper la position du soleil, en fonction de la configuration des lieux.
Il reste un paramètre dont nous sommes tous tributaires, et pour lequel l’application ne peut pas grand chose: la météo. Les conditions atmosphériques pour un beau coucher de soleil sont précises (un peu de nuage et d’humidité, mais pas trop), il est impossible de les anticiper. Heureusement, car dans le cas contraire, la quête aurait-elle la même saveur?
Références
un article de Emmanuel GEORJON
http://www.emmanuelgeorjon.com/un-logiciel-pour-les-amoureux-des-couches-de-soleil-3233/#more-3233
« Un logiciel pour les amoureux des couchers de soleil
Les levers ou les couchers de soleil sont des spectacles souvent grandioses. Mais, avant même de parler technique photo, la première difficulté consiste à se trouver au bon endroit, au bon moment. S’il n’est pas difficile de trouver des éphémérides, il est beaucoup plus compliqué de trouver la position exacte du soleil au moment où il croise l’horizon. Heureusement, un photographe a pensé à nous, en développant une application capable de nous donner toutes les informations nécessaires. Un lever, ou un coucher de soleil n’a d’intérêt que grâce au décor dans lequel il s’inscrit. C’est pourquoi, nous recherchons des alignements, des reflets, des ombres … Sans outil, cette recherche est fastidieuse, parce que l’orientation du soleil (et de la Lune) change chaque jour.
Personnellement, je cherche depuis quelques temps à photographier un lever ou un coucher de soleil, dans l’axe de la Loire. J’y suis arrivé une ou deux fois seulement, de façon complètement empirique.
Avec un GPS, et un logiciel d’astronomie, il est toujours possible de faire quelques calculs, mais il manque la superposition avec une carte. Ce point est justement l’avantage de l’application The Photographers Ephemeris puisqu’elle combine éphémérides, orientation lunaire et solaire, avec un système de cartographie.
L’application utilise Adobe Air, fonctionne sur PC/Windows, PC/linux, et Mac, et exploite divers services Web, dont Google Maps, pour la localisation.
L’écran principal se présente de la façon suivante:
Ecran principalIl suffit de saisir la date, et le lieu souhaité (sous la forme « Ville, Pays » ), et le logiciel fourni une carte, avec les directions de lever et coucher de soleil, ainsi que le lever et le coucher de Lune.
Pour vérifier la précision du logiciel, j’ai saisi quelques dates et lieux de photos prises entre 2007 et 2010.
Exemple 1: Coucher de soleil sur le Diamant (Martinique – Déc 2007)
Le diamant – La position
Le Diamant – La photoExemple 2: Coucher de soleil sur la Loire (Lussault – Oct 2009)
La Loire – La position
La Loire – La photoExemple 3: Lever de Lune sur Sainte-Luce (Martinique – Août 2008)
La Lune sur Sainte-Luce – La position
La Lune sur Sainte-Luce – La photoExemple 4: Coucher de soleil sur la Loire (La Ville aux Dames – Juin 2010)
Jour de Loire – La position
Jour de Loire – La photoComme TPE s’appuie sur Google Maps, nous bénéficions des vues proposées par ce service:
Vue Hybride (Carte + satellite)En plus de la cartographie, TPE fournit
- Les positions de la Lune et du Soleil, en fonction de l’heure dans la journée,
- La hauteur du soleil, et la taille des ombres, toujours en fonction de l’heure dans la journée.
Position du soleil en journéeLes quelques essais effectués montrent une assez grande précision:
- Les éphémérides sont correctes et précises, j’ai comparé par rapport à celles de Météo-France notamment,
- Les directions indiquées pour le soleil et la Lune semblent correctes également.
Conclusion
Un grand merci à Stephen, l’auteur de cette application, qui nous fait gagner un temps considérable, en facilitant la recherche des moments, et des lieux optimaux pour nos prises de vue.
J’ai beaucoup parlé de lever et coucher de soleil dans cet article, mais The Photographer’s Ephemeris peut également être utile aux photographes d’évènements en extérieur (défilés, mariages, …), en leur permettant d’anticiper la position du soleil, en fonction de la configuration des lieux.
Il reste un paramètre dont nous sommes tous tributaires, et pour lequel l’application ne peut pas grand chose: la météo. Les conditions atmosphériques pour un beau coucher de soleil sont précises (un peu de nuage et d’humidité, mais pas trop), il est impossible de les anticiper. Heureusement, car dans le cas contraire, la quête aurait-elle la même saveur?
Références
- Le site de l’auteur de l’application, Stephen Trainor. Si vous utilisez et appréciez l’application, n’hésitez pas à faire un don,
- Le site de l’outil The Photographer’s Ephemeris,
- L’article qui m’a fait découvrir l’application. «
Cap Martin, Crépuscule
10/02/12 16:39
Crépuscule, à Cap Martin, Vers Menton et Monaco
Derniers rayons de soleil sur la baie de Menton, encore un peu de neige sur le Berceau, le Gramondo

Vers Monaco, au loin, Cap Ferrat et l’Esterel




